Presse en colère

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samedi 24 mai 2008

Le Net et nous

Avis à la population ! ou du moins à la rédaction ...les stages organisés cette semaine pour familiariser les journalistes du Monde papier (un peu plus) à Internet ont intéressé la plupart des participants. Ils ont été différents selon les groupes ce qui a demandé aux intervenants une bonne dose de gymnastique mentale.

Ce qui prouve qu'ils ne ressemblent en rien aux habituels formateurs des boîtes spécialisées, ces jeunes gens en chemises à rayures, manches soigneusement retroussées et cravate un tantinet dénouée qui nous prennent pour des dinosaures et n'ont jamais lu un journal sauf bien sûr la presse spécialisée sur Internet.

Francis Pisani connaît bien le journal (voir son blog sur le monde.fr) et Jean Stern est tout aussi journaliste que lui et nous. Ils aiment ce qu'ils font et partagent leurs connaissances avec enthousiasme, youpi. Donc inscrivez-vous, vous ne le regretterez pas. En prime, ça change les idées...

D'autres stages plus techniques suivront.

En attendant, il est plus que temps de réfléchir. Sur son blog, Alain Giraudo, ancien du Monde et surtout du monde.fr écrit:

" N’en déplaise à mes anciens collègues, tout l’argent qui sera dépensé pour tenir à flot le quotidien (autre euphémisme pour dire préserver le confort de la rédaction) sera de l’argent dépensé en vain. L’histoire de la presse imprimée touche à sa fin – investir aujourd’hui dans la presse papier payante c’est comme mettre son argent dans les diligences quand les trains commençaient à rouler. Il est temps de penser et d’agir en terme d’industrie de l’information - une industrie essentiellement dématérialisée dans laquelle les journalistes ne seront plus médias mais cross-médias, c’est-à-dire facilitateurs et jongleurs entre les différents médias."

Des réactions ?

jeudi 1 mai 2008

A tous, bienvenue

L'idée de lancer ce blog en colère est venue, fin avril 2008, du quotidien Le Monde - auquel la nouvelle direction se propose d'infliger, avec une brutalité inédite, une purge aussi sévère qu'inique : cent vingt-neuf suppressions de postes toutes catégories sont annoncées. A la rédaction, un(e) journaliste sur quatre est promis(e) au chômage et dans les autres services, des métiers sont balayés. Quant aux entités et titres du groupe, jugées déficitaires, il est tout bonnement prévu de les jeter à la rue - pardon ! d'en organiser la cession - sans autre forme de procès.

Chape de blues à tous les étages. Bouffées de colère aussi. Ni les assemblées générales, ni les grèves, ni les discussions de couloir ne suffisent à nos envies d'orage. Alors blogons ! Résistons ! Secrétaires et journalistes, coursiers, informaticiens, documentalistes et éditeurs, gens de plume ou gens d'image, ce blog est à nous !



Le Monde n'est pas (seulement) une « boîte », vouée à la casse sociale. C'est un vieux et beau journal, un morceau de patrimoine, un outil de la vie démocratique, le seul qui a pu jusqu'à présent conserver son indépendance, jusqu'à quand ?...

A chacun de le défendre. Soyons drôles - et méchants -, si le coeur nous en dit. Signons de notre nom ou restons anonymes : à chacun de décider. Seuls comportements proscrits : l'injure ad hominem et la diffamation. et nous y veillerons.
 
Espace d'expression, ce blog souhaite être aussi un lieu d'échange et de mémoire. Echange avec les lecteurs, que nos séismes internes ont laissés en rade : ce blog est aussi pour vous ! Pour vous informer de ce qui se passe, mais aussi pour recueillir votre opinion et recevoir, qui sait ? vos encouragements, vos voeux, l'expression d'une solidarité. Echange encore avec les « anciens » du Monde, qui en ont la mémoire - ou, du moins, une partie - et dont les avis peuvent être d'une aide précieuse : ce blog est aussi pour vous ! Enfin, et peut-être surtout, ce blog se veut un lien avec tous les autres salariés de la presse écrite, eux aussi menacés. Eux aussi en colère ?

Et ailleurs,
Cette crise ne touche pas que Le Monde, toute la presse écrite est menacée, des plans de licenciements ont lieu - ou ont eu lieu - aux Echos, au Figaro, à Libération. A qui le tour ? Ce ne sont pas seulement des journalistes ou des métiers de la presse qui vont passer à la moulinette, c'est aussi le droit citoyen à l'information. On va demander aux journalistes qui resteront dans tous ces titres d'être disponibles sur tous les fronts et d'obéir au doigt et à l'oeil à leurs dirigeants, sous peine d'être jetés à leur tour. Les articles seront bientôt réécrits et modifiés sans que les auteurs en soient informés ...

La liberté de la presse est en danger.

A tous, bienvenue.